« Rester et se battre » Razzia

C’est encore sous l’effet de l’émotion, en quittant la petite salle de cinéma de mon quartier que j’essaie de rédiger cet article pour vous faire part de mon ressenti sur ce film et de vous donner envie d’aller découvrir la beauté cinématographique qu’est Razzia.

Réalisé et produit par Nabil Ayouch et Maryam Touzani, Razzia c’est un cri de souffrance, un hymne pour la liberté. Mais ce film est surtout le récit d’un combat intérieur, celui que mène les 5 personnages principaux, aux caractéristiques et trajectoires de vie différentes. Ce qui les réunit c’est le désir d’être entendus et reconnus dans leurs droits, et pour ce qu’ils sont. Leur aspiration commune, la reconquête d’une liberté qu’on leur a arrachée.

Un film poignant, fort et beau dans sa sincérité qui révèle sous le regard bienveillant de Nabile Ayouch les frustrations et disfonctionnements sociétaux au Maroc entre dérives autoritaires, et inégalités sociales. Il prend pour exemple deux moments clés de l’histoire contemporaines : les années 80’s et post printemps arabes.

En commençant en 1985 par l’histoire d’Abdallah, enseignant dévoué d’un petit village traditionnel dans les Montagnes du Haut Atlas qui se voit forcé et contraint d’enseigner à ses élèves en langue arabe et de remplacer l’enseignement des sciences humaines par la religion suite aux réformes d’arabisation forcées des années 80’s.

En 2015, à Casablanca, Salima, jouée avec brio par Maryam Touzani, incarne la jeune femme moderne, marchant jambes dénudées, cheveux au vent, étouffée par le regard social et le regain du conservatisme religieux dans l’espace public et qui reste quelque peu soumise à son mari autoritaire.

Inès, jeune fille issue d’un milieu bourgeois favorisé de Casablanca, délaissée par ses parents et déconnectée de la réalité de son pays.

Hakim, jeune homme des quartiers populaires, ayant pour modèle et source d’inspiration Freddy Mercury, qui essaie tant bien que mal de dissimuler son homosexualité et qui se voit confronté au mépris de son père.

Joe, le restaurateur juif, qui se voit de plus en plus confronté à un antisémitisme latent et à l’opposition des religions.

Le réalisateur donne la parole à ces cinq personnages déchirés intérieurement par des problèmes très personnels dont la voix est étouffée par les normes sociales, mais en qui tout un chacun peut se retrouver. Leur combat est un peu le nôtre.

Mais c’est finalement un film rempli d’espoir et d’espérances qu’ont réalisé Nabil Ayouch et Maryam Touzani, qui à travers le combat de ces héros, reflète une volonté de changement et de renouveau pour la société marocaine.

Alors, courez, précipitez-vous en salle pour voir Razzia tant qu’il en est encore temps, vous ne le regretterez pas !

 

 

 

Article publié par Myriam Hosni, le 17 avril. 2018

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