L’arabe du futur

Tel est le titre de la série de Bandes Dessinées autobiographiques de Riad Sattouf qui fait fureur en ce moment, après la parution de son quatrième et avant-dernier tome en Septembre 2018. Depuis la publication du premier livre en 2014, la série a connu un très grand succès par le public français, mais pas seulement, puisque il a déjà été traduit en vingt langues différentes depuis.

C’est il y quelques semaines, grâce aux recommandations d’une camarade du Master, que j’ai découvert ce chef d’oeuvre du dessinateur franco-syrien où il raconte l’histoire de son enfance dans la Lybie de Khadafi, puis dans la Syrie d’Hafez Al-Assad, dans les années 1980. À travers ce récit depuis les yeux d’un enfant de six ans qui découvre la vie, se faufile une critique politique et sociale de certains aspects des deux pays, mais aussi de la vision que peuvent avoir les français qui ne sont jamais sortis du pays de ces cultures. Le père de Riad est syrien, originaire du petit village de Ter Maaleh, et prononce la phrase qui va donner son titre à la pentalogie de Sattouf: « L’arabe du futur va à l’école ». Sa mère est française, essayant de s’adapter à la culture de son mari et de l’aimer, mais pas toujours heureuse avec ce qu’un petit village comme Ter Maaleh a à lui offrir en tant que femme et mère, ayant grandi dans une culture française, occidentale. Riad Sattouf arrive donc, grâce à sa double culture, à représenter plusieurs points de vue à travers des personnages différents, de manière assez caricaturale, mais qui font passer d’une façon très légère et humoristique des thématiques qui peuvent résulter souvent dures et polémiques.

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Je développe un goût croissant pour les autobiographies en bande dessinée d’auteurs faisant preuve d’une double culture depuis que j’ai lu Persépolis de Marjane Satrapi il y a quelques mois. Cette dessinatrice raconte, un peu de la même manière que Sattouf, son enfance et jeunesse à Téhéran puis à Vienne. Elle nous montre dans chacun de ses dessins ses apprentissages, ses chocs et les critiques qu’elle porte sur la société.

Un peu après Satrapi, Riad Sattouf est donc venu confirmer mon intérêt pour la bande déssinée comme une sorte de cours léger de Sociologie, Histoire ou Sciences Politiques. Vous avez la possibilité d’aller découvrir par vous mêmes le travail de ce dessinateur, qui ne s’arrête pas à L’arabe du futur jusqu’au 11 Mars 2019 à la Bibliothèque publique du Centre Georges Pompidou dans l’exposition « Riad Sattouf, l’écriture dessinée ».

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